lundi 3 septembre 2007

Le spectre de l'écriture ...












Ce dimanche 02 septembre, ARTE diffusait un documentaire sur la "vie" d'Agatha Miller - "Le film d'une vie" réalisé par Richard Curson-Smith.

Les noms matrimoniaux sont inscrits ainsi: Christie (devenu nom d'écrivain: Agatha Christie) et Mallowan (nom de mariage: Lady Agatha Mallowan).

Quelques éléments biographique retiennent l'attention suffisamment distraite: le spectre d'un homme armé qui hante l'enfant Agatha, l'inaptitude dans la zone de grande altérité femme/homme, la mise en scène de sa disparition après la rupture avec Archibald Christie (homme plutôt brutal très peu concerné par la subtilité de la différence sexuelle).

Un spectre hante la demeure des parents Miller - couple de rentiers (collectionneur de porcelaines rares) décrit comme un couple heureux et paisible dans le "cocon" protégé d'une famille bourgeoise.

D'où vient le spectre? Question difficile à résoudre mais son lieu de prédilection s'établit dans les énigmes criminelles construites par Agatha Christie. On peut avancer l'hypothèse que le spectre vient justement du "cocon". Le dedans hyper protégé de la famille produit une exclusion dans un dehors menaçant. Le spectre est, le plus souvent, le spectre du père qui n'est pas vraiment mort. Le père increvable est un obstacle sérieux à la navigation risquée sur la mer du discord fondamental entre les sexes. Agatha n'est pas une bonne navigatrice de la différence sexuelle. C'est certain, mais l'énergie qui soutient son écriture est très forte, malgré quelques chutes spectaculaires dont son propre évanouissement/disparition de 1926.

L'accident/évanouissement/disparition est probablement un moment fécond et fondateur du cheminement d'Agatha Christie. L'évanouissement permet l'émergeance de l'auteur anonyme qui tisse l'interminable récit du crime fondateur des sociétés humaines: le meurtre du père. Tuer réellement le père est un passage à l'acte criminel plus que problèmatique, tuer symboliquement le père est un acte fécond de l'écriture.

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